Les données statistiques (quantifier) et les titres/définitions des emplois (qualifier) sont en règle générale utilisés pour définir les besoins, organiser la concertation, le dialogue social, assurer l’interface entre l’emploi et la formation ou encore les demandes et offres d’emploi. Ils figurent parmi les outils les plus couramment utilisés dans les politiques d’emploi et de formation y compris dans les entreprises.
Des niveaux de détail des nomenclatures statistiques d’emplois très variables
Les nomenclatures les plus détaillées du point de vue des emplois logistiques sont au Portugal, en Espagne, en Hongrie, en France et au Royaume-Uni.
Nombre des emplois logistiques recensés dans les classifications statistiques nationales
| Pays | Nombre d’emplois en transport-logistique |
Nombre d’emplois en logistique |
| Autriche | 11 | 4 |
| Belgique | 9 | 2 |
| France | 26 | 10 |
| Allemagne | 13 | 8 |
| Hongrie | 2 | 16* |
| Italie | 15 | 8** |
| Portugal | 28 | 20 |
| Espagne | 40 | 20 |
| Irlande | 15 | 9 |
| Royaume-Uni | 13*** | 10 |
| * transport et logistique étant assimilés dans les différents emplois de cadres ** 7 emplois logistiques dans la précédente nomenclature de 1999 *** dans la précédente nomenclature SOC90: 17 emplois transport-logistique et 10 emplois logistiques |
||
Cependant, l’appareil statistique n’est pas toujours en mesure de produire des données chiffrées sur les emplois logistiques à un niveau aussi fin que celui des nomenclatures nationales.
Données statistiques emplois logistiques disponibles en Europe
| Données absentes | Données partielles | Données détaillées |
| Grèce Italie Luxembourg Pays-Bas Espagne Suède |
Autriche Belgique Danemark Finlande Allemagne Royaume-Uni |
France Hongrie Irlande Portugal |
Des nomenclatures qui évoluent
L’exemple de l’Irlande est particulièrement intéressant. Des estimations ont été réalisées pour connaître les effectifs de quatre emplois transport-logistique qui ne sont pas inclus dans la nomenclature SOC utilisée habituellement en Irlande pour la production de données statistiques d’emplois et qui ont cependant été identifiés dans le cadre d’une étude nationale comme étant significatifs. Il s’agit des emplois de supply chain manager, logistics planners, logistics assistants et freight forwarding managers, traduisant ainsi l’émergence de préoccupations liées à une meilleure prise en compte des professions qui participent à la définition de la politique logistique, d’un point de vue stratégique.
Emplois transport et logistique en Irlande (NB : Les emplois transport sont en italique)
| Titres des emplois | Emploi en 1999 |
| Responsables transport | 3 600 |
| Conducteurs poids lourds | 37 700 |
| Responsables entrepôt | 1 800 |
| Gestionnaires de stocks | 5 700 |
| Opérateurs d’entrepôt | 18 600 |
| Caristes | 4 000 |
| Responsables des achats | 900 |
| Acheteurs | 3 600 |
| Responsables commissionnaires | 860 |
| Affréteurs | 862 |
| Autres agents commissionnaires | 1 700 |
| Agents import-export | 400 |
| Responsables supply chain | 2 832 |
| Responsables de planning logistique | 4 208 |
| Assistants logistique | 704 |
En France, les modifications apportées en 2003 vont dans le sens d’une meilleure distinction des emplois logistiques et des emplois transport.
Exemples de modifications dans la nomenclature statistiques en France
| 1993 | 2003 | ||
| codes | Titres d’emplois | codes | Titres d’emplois |
| 3861 | Cadres des transports et de la logistique | 389a | Ingénieurs et cadres techniques de l'exploitation des transports* |
| 387b | Ingénieurs et cadres de la logistique, du planning et de l’ordonnancement | ||
| 6792 | Manutentionnaires, agents non qualifiés des services d’exploitation des transports | 676a | Manutentionnaires non qualifiés |
| 676b | Déménageurs (hors chauffeurs-déménageurs) non qualifiés* | ||
| 676d | Agents non qualifiés des services d'exploitation des transports* | ||
| * emplois transports | |||
Lorsque les titres d’emplois sont assortis de descriptions
Bien que souvent les Instituts nationaux statistiques repèrent des emplois sans en fournir une description argumentée, on peut remarquer que quelques classifications d’emplois s’efforcent de définir de manière plus ou moins précise le contenu des emplois.
Par exemple, au Portugal, la CNP-94 donne une brève définition de l’emploi. La nomenclature SOC 2000 utilisée au Royaume-Uni fournit une meilleure description, explicitant notamment les différentes tâches liées à l’exercice d’une profession et les qualifications requises.
Nomenclatures propres versus nomenclature internationale
L’International Standard Classification of Occupations, ISCO-88, est une nomenclature d’emplois construite en vue de faciliter les comparaisons statistiques d’emplois au plan international.
Elle constitue à ce jour l’outil de référence pour l’harmonisation des nomenclatures d’emplois en Europe, mais elle est loin d’être satisfaisante pour le repérage desemplois logistiques.
En effet, si la nomenclature ISCO-88 fournit une bonne vision des emplois de l’entrepôt, elle est en revanche très pauvre sur le plan de l’identification des professions oeuvrant dans le champ de la stratégie logistique, ainsi que dans la gestion des approvisionnements. En fait, elle se contente sur ce point de reconnaître l’existence de "cadres de direction, achats et distribution".
Nomenclature ISCO-88 versus nomenclature NOVALOG

1226 Cadres de direction, transports, entreposage et communications
1316 Dirigeants et gérants de petites entreprises d'intermédiation et de service aux entreprises
4131 Employés du service des stocks, 8334 Conducteurs de chariots élévateurs, 9330 Manoeuvres du transport et manutentionnaires
Plusieurs instituts nationaux de statistiques produisent des données sur la base de la nomenclature ISCO-88 de référence (Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, Grèce, Luxembourg, Pays-Bas). Cependant, on peut regretter que les moyens mis en œuvre pour collecter les données sur la base de cette nomenclature ne permettent souvent de renseigner des données d’emplois qu’à des niveaux très agrégés de la nomenclature. Il s’ensuit que peuvent être quantifiées des familles d’emplois plus ou moins larges, mais qu’il est difficile d’avoir des effectifs au niveau d’emplois logistiques proprement dits.
Distinguer emplois logistiques et emplois transport
Les statistiques sur les emplois logistiques intègrent souvent des emplois transport. Nous avons essayé d’expurger les emplois purement transport des emplois propres à la logistique. Par emplois propres à la logistique, on entend ici les emplois directement rattachés à des fonctions logistiques, et hors emplois support (comme des fonctions de secrétariat).
Les statistiques d’emplois sélectionnées comme étant exclusivement du domaine de la logistique montrent que l’emploi logistique représente selon les pays entre 30 et 55% des emplois transport-logistique en fonction des pays et des années considérés. Les évolutions – pour peu qu’on ait des séries temporelles : cas du Portugal, de la France, de l’Irlande... – vont dans le sens de ce qui semblerait être une meilleure convergence de ce rapport en Europe avec le temps.
Part des emplois logistiques dans l'emploi transport-logistique en 1999

Importance des emplois logistiques dans l’emploi total
Les emplois purement logistiques - hors transport et hors emplois support - représentent depuis le début des années 90 entre 1,3 et 3,5% de l’emploi total, selon les pays.
Cependant, la part de l’emploi logistique dans la population totale occupée a tendance à augmenter en Allemagne, au Portugal et au Royaume-Uni, et diminuerait en France et en Irlande, alors que le ratio était plus élevé que dans les autres pays. Davantage de données permettraient de déterminer s’il s’agit d’une forme de phénomène de rattrapage. Avec le temps, cette tendance, si elle est confirmée, peut conduire à une relative convergence du rapport des emplois logistiques dans l’emploi total entre les pays (autour de 2% ou 2,5%).
Répartition des effectifs par type d’emplois logistiques
Bien entendu, les agents (ouvriers et employés) de la logistique sont largement majoritaires dans les effectifs logistiques, et représentent plus de 80% des emplois logistiques au Portugal, en Hongrie et en France.
En Irlande, on peut penser que le nombre important de petites entreprises, et partant de responsables d’entreprises, qui ne sont pas comptabilisés comme des agents, se traduit par une proportion plus faible d’ouvriers et d’employés logistiques dans l’économie.
Part des emplois d’agents (ouvriers et employés) dans les emplois logistiques globaux en 1999

Nous avons pris comme année de référence la plus récente, soit 2001, à l’exception du Portugal, pays pour lequel nous n’avons pas de données après 1999, qui devient donc l’année de référence.
Au Portugal et en Hongrie, le nombre des emplois logistiques se répartit de manière comparable entre le secteur transport et celui du commerce. En France cependant, les données issues du dernier recensement de population montrent que le secteur commerce emploie un tiers des emplois logistiques. A titre de comparaison, les deux secteurs transport et commerce emploient environ 20% des effectifs logistiques en Hongrie en 2001.
Emplois logistiques par secteurs en % des emplois logistiques totaux

Evolution des emplois logistiques dans le transport
En France et en Allemagne, les emplois logistiques sont de plus en plus exercés dans le secteur transport. C’est également le cas au Portugal. En France, ce mouvement s’accompagne d’une réduction des effectifs logistiques dans l’industrie, qui traduit la sous-traitance et l’externalisation des activités logistiques effectuées par les producteurs.
Evolution des emplois logistiques dans le secteur transport

La "production" des titres et définitions des emplois logistiques recensés dans les 16 Etats membres constitue une indication à part entière permettant de dégager des tendances communes, des dynamiques et ainsi conjuguer une approche par les outils et par les acteurs.
L’approche par les outils fait apparaître une meilleure prise en compte de la logistique dans les politiques pour l’emploi et la formation. Cette reconnaissance est également de plus en plus globale avec la parution de nomenclatures assorties de définitions à des fins autres que statistiques, dans lesquelles sont identifiées toutes les fonctions et emplois s’y rattachant.
Les principaux acteurs sont au premier chef les opérateurs de formation avec le recours à des catégories beaucoup plus larges dans la façon d’appréhender les emplois pour les formations longues. Cette implication est à mettre au compte du rôle croissant que jouent les référentiels emploi et formation dans la gestion de la formation professionnelle comme interface formalisée avec le marché, outil de régulation et d’évaluation. Elle traduit également une réactivité par rapport aux besoins du marché du travail qui se retrouve également au niveau des agences pour l’emploi en charge de l’information, de l’orientation et du placement. Ces dernières développent des outils de plus en plus complets pour faciliter l’appairage entre l’offre et la demande et l’accessibilité des définitions par le biais des sites internet. Ce sont elles qui participent de manière active au renouvellement dans la façon d’appréhender la logistique au profit d’approches plus globales là où prévalait voire prévaut encore la logique de l’emploi type ou de référence le plus représentatif. Le rôle des partenaires sociaux dans ce travail de production des titres et définitions des emplois tend à se développer notamment au niveau sectoriel tout en étant significatif auprès des autres intervenants parmi lesquels les opérateurs de formation. Il est à noter enfin dans certains Etats membres en particulier la France, la contribution prudente des instances de normalisation dans le prolongement et/ou en amont des initiatives du Comité Européen de Normalisation dans le milieu des années 90.
Principaux "producteurs" de titres et définitions des emplois logistiques en Europe

Les emplois les mieux identifiés et/ou définis en Europe sont les caristes, les opérateurs magasiniers et les préparateurs de commande conformément à leur importance d’un point de vue statistique. Ils le sont à part égale avec le responsable département logistique qui se détache de façon significative par rapport aux autres emplois relevant de la mise en œuvre et de la définition des politiques logistiques pour constituer le profil de référence recouvrant tous les cas de figures de façon indistincte au risque de masquer la diversité des positions et les perspectives de carrière.
Niveau de représentation des titres et définitions des emplois logistiques en Europe

La nature des informations qui figure dans la présentation du contenu des emplois logistiques autrement dit ceux qui ont fait l’objet d’une définition est à l’image de l’importance du rôle joué par les différents acteurs. A cet égard, ce sont les qualifications, les compétences qui prévalent, puis les descriptifs des activités, des savoirs et savoir-faire. En revanche, les éléments relatifs au savoir-être semblent peu utilisés (ce qui peut paraître surprenant compte tenu des caractéristiques même de la logistique) tout comme les aspects concernant les perspectives de carrière, les conditions de travail et enfin les rémunérations qui pourtant constituent des informations importantes pour les politiques de placement, d’orientation et de formation quand il s’agit d’intervenir sur l’attractivité d’une activité, d’un secteur ou d’un métier.
Importance des informations prises en compte dans la définition des emplois logistiques en Europe

L’analyse des outils débouche sur celle des acteurs appelés à intervenir selon leur domaine de préoccupation et leur compréhension des enjeux dans une "construction" de la représentation de la logistique du point de vue de l’emploi et de la formation.
Liste des 21 emplois logistiques identifiés dans la convention collective du secteur
des transports routiers et activités auxiliaires en France
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Chacun de ces 21 emplois fait l’objet d’une définition, les organismes de formation professionnelle de branche que sont l’AFT-IFTIM et Promotrans ayant été chargés de définir les compétences, les connaissances, les formations obligatoires et d’identifier les formations diplômantes ou qualifiantes existantes.
Les dynamiques nationales tendent de plus en plus à trouver un prolongement, une traduction au niveau européen mais selon des modalités qui dépendent largement du niveau de représentation et d'organisation des acteurs concernés. Plus qu'une description du contenu des différentes approches européennes, il paraît plus significatif de mettre en exergue les formes d'intervention.
Certaines relèvent de la normalisation et de la certification pour concerner en priorité le management de la logistique par l'intermédiaire de l'Association Européenne de Logistique.
D'autres s'inscrivent plutôt dans des logiques de coopération et de coordination à travers le dialogue social à l'image des initiatives du Comité Sectoriel Route en relation étroite avec le projet NOVALOG, la création sur une base volontaire d'un diplôme européen de "technicien de logistique" dans le cadre d'un partenariat entreprises/Etats membres.
D'autres renvoient enfin au champ réglementaire ou à des logiques de transposition de démarches, outils, normes communes d'une filiale à l'autre, d'un Etat membre à l'autre par le biais des politiques de groupe en matière de gestion des ressources humaines.
Principales formes d’intervention au niveau européen

Harmonisation
La transposition des directives européennes a obligé les Etats membres de l'Union européenne à passer d'une législation souvent basée sur des principes de correction à une approche de prévention axée sur les comportements individuels et les structures organisationnelles.
Concernant la transposition plus particulière de la directive n° 89/655/CEE du 30 novembre 1989 relative à l'utilisation "des équipements" de travail qui définit les prescriptions minimales de sécurité et santé pour l'utilisation d'équipements de travail par les travailleurs sur les lieux de travail, une communication de la Commission relative à la mise en oeuvre pratique des dispositions de plusieurs directives sur les équipements de travail fait remarquer que « la plupart des lacunes observées ont été résolues sans passer par des procédures en manquement même si celles-ci ont été nécessaires dans certains cas (...).
La directive n°89/655/CEE a permis le renouvellement de la réglementation en matière d'utilisation des équipements de travail, en l'inscrivant dans une problématique moderne d'évaluation du risque et de programmation des actions ; s'en est suivie, notamment grâce à l'apport des branches professionnelles, une dynamique d'amélioration globale du niveau de sécurité.
Cette directive énonce les obligations générales des employeurs et les règles générales qu'ils doivent observer en ce qui concerne les équipements de travail - y compris les équipements à risque spécifiques - l'information, la consultation et la participation des travailleurs (http :/europa.eu.int/scadplus/leg/fr/cha/cI1149.htm). La transposition de cette directive dans les législations nationales des Etats membres porte en particulier sur la conduite des équipements de travail mobiles automoteurs et des équipements de levage.
Ces réglementations précisent, ou non, qu'une formation initiale adéquate pour la conduite de ces équipements est obligatoire notamment pour les chariots élévateurs, et ce quel que soit le secteur d'activité. Souvent, la conduite des chariots élévateurs s'accompagne d'une autorisation obligatoire de conduite (licence) valable dans l'enceinte de l'entreprise. En Allemagne et au Royaume-Uni, les autorisations de conduite sont seulement exigées pour conduire un chariot sur une voie publique.
L'obligation de formation ne s'accompagne pas toujours de l'obligation de détenir un permis de conduire ou une autorisation de conduite pour un chariot élévateur.
Ainsi, en France, le Certificat d'Aptitude à la Conduite des Engins en Sécurité (CACES) n'est pas obligatoire, même s'il est recommandé par la Caisse Nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS). Valable 5 ans, il constitue un bon outil pour satisfaire au contrôle des connaissances de conduite en sécurité dans la délivrance de l'autorisation de conduite qui est établie par l'employeur.
Cependant, lorsque les réglementations n'exigent pas du conducteur qu'il possède une autorisation de conduite, une formation ayant pour objectif de lui donner les connaissances et savoir-faire nécessaires à la conduite en sécurité peut être proposée. Les employeurs doivent par exemple s'assurer que l'ensemble du personnel est formé, et pourvoir, si nécessaire, à des formations complémentaires ou à une réactualisation des connaissances, comme en Irlande.
A l'issue de la formation, un document peut être remis certifiant que la formation a bien été suivie, et/ou que l'obtention des connaissances et savoir-faire requis a été validée par le passage réussi d'un examen.
Les réglementations du Danemark, de la France, de la Grèce, de la Hongrie, et de l'Irlande notamment exigent un contrôle des connaissances pour habiliter le cariste à conduire les chariots élévateurs. En revanche, en Espagne, au Portugal, en Suède, au Royaume-Uni, aucun contrôle particulier des connaissances n'est obligatoire.
Concernant, l'organisation de la formation pour les caristes, dans la majorité des pays, les programmes de formation ne sont pas préalablement définis ; seuls des thèmes principaux sont donnés aux employeurs à titre indicatif. En France, au Luxembourg, en Suède, au Royaume-Uni, et en Irlande, les organisations professionnelles, les partenaires sociaux ou les pouvoirs publics ont construit des programmes de formation appropriés qui s'accompagnent de tests, et d'examens pratiques et théoriques.
Certaines réglementations nationales recommandent des durées de formation : 5 jours sont suggérés en Irlande, 3 jours au Luxembourg et en France, une semaine au Danemark. Des pré-requis spécifiques peuvent être exigés, comme en Grèce, où le candidat au poste de cariste doit en outre justifier avoir travaillé 400 jours en tant qu'assistant cariste sous la responsabilité d'un professionnel. En Hongrie, le cariste doit encore être titulaire d'un niveau scolaire minimum.
Ainsi, la transposition de la directive en droit national s'est traduite par l'obligation généralisée en Europe de former au métier de cariste. On notera néanmoins que cette obligation dans certains pays était antérieure à la directive (ainsi, en France, l'obligation d'autorisation de conduite datait de 1974 pour les chariots automoteurs de manutention).
Pour autant, on observe une grande hétérogénéité dans l'application de la directive et l'exécution des formations. En particulier, la durée, la fréquence, et le contenu des formations ne sont pas harmonisés, ni les moyens de contrôle des acquis, un certificat de formation et/ou une autorisation de conduite n'étant pas toujours obligatoires.
En outre, d'autres critères entrent souvent en compte pour être habilité à conduire un chariot automoteur, comme l'âge, la santé, éventuellement des pré-requis scolaires ou l'expérience professionnelle, mais là encore les spécifications sont très variables d'un pays à l'autre.
Certification
L’objectif de l'Association Européenne de la Logistique ((ELA) Fédération de 30 organisations nationales couvrant presque tous les pays d'Europe centrale et occidentale) est d'offrir un forum de coopération pour toute personne ou société s'intéressant à la logistique en Europe et d'apporter une assistance dans le domaine de l'industrie et du commerce en Europe. L'ELA travaille avec les associations afin de créer et de maintenir des normes pour assurer des programmes de formation et d'enseignement efficaces et de qualité. L'ELA formule des normes logistiques européennes et encourage l'acceptation de ces normes par chacun des pays membres. Une procédure de qualification professionnelle est en place afin de permettre l'acceptation de ces normes au niveau paneuropéen.
A cet égard, l'ELA, grâce aux profils professionnels qu'elle a établi l'intention des spécialistes de l'étude de la logistique, a mis au point un plan d'action et certains modèles de développement de carrière figurent dans ses programmes de certifications et prérequis. Facilitant la mobilité en Europe, la certification permet aux employeurs de reconnaître et de comprendre les qualifications des différents pays membres. Tous les candidats à la certification sont évalués d'après les normes de compétence du Conseil Européen de Certification pour la Logistique, qui sont partagées par un certain nombre d'organismes d'enseignement européens participants.
Le Conseil Européen de Certification pour la Logistique (ECBL) a été crée en 1997 afin d'appliquer la Certification ELA. L'ECBL est une association internationale sans but lucratif de droit belge enregistrée à Bruxelles. C’est un organisme indépendant composé des pays membres qui ont accepté volontairement de partager les normes de compétences en logistique et d'adhérer à des procédures d'assurance qualité de même niveau.
L'ECBL adopte le système de compétences qui reflète les attentes en matière de performance sur le lieu de travail. Les normes sont fondées sur les résultats et servent de base d'évaluation. C'est le groupe de travail Normalisation de l’ECBL qui s'occupe de cette tâche en s'appuyant sur l'expérience des utilisateurs et les besoins du marché de la logistique et qui met les normes à jour le cas échéant. Le groupe de travail assurance qualité réunit toutes les informations transmises par les membres de l’ECBL sur les processus et les systèmes d'évaluation. Il travaille également à la formulation des procédures de contrôle.
Un maillon de valeur dans la chaîne de l'ECBL

Normalisation
Le CEN/TC 273 "Logistique" a préparé un rapport intitulé "Mesures de la performance logistique, besoins et méthodes de mesure" afin d'aider les industries, les entreprises et les personnes à mesurer leur performance logistique. Une attention de plus en plus grande est portée à l'efficacité et à l'efficience de la chaîne logistique et à la compétitivité dans ce domaine. L'objectif de ce document est de définir un ensemble de mesures de la performance logistique, ainsi que les besoins et les méthodes de mesure de la performance, du point de vue de l'efficacité, de l'efficience et des facteurs associés dans le domaine de la gestion, des systèmes et de l'équipement logistiques.
Ces travaux visent à décrire et codifier les meilleures pratiques logistiques par la mise au point d'une terminologie, d'une description des tâches et responsabilités attachées aux emplois logistiques, et par la prescription des formations appropriées pour exercer ces emplois. Toutes les améliorations de la performance logistique qui pourraient découler de l'examen systématique de la terminologie, des emplois et de la formation seront perdues si ces améliorations ne sont pas soutenues et surtout renforcées.
Les mesures de la performance présentées dans ce rapport sont des exemples des meilleures pratiques généralement acceptées mais chaque entreprise doit sélectionner celles qui conviennent le mieux à ses circonstances et objectifs. Elles faciliteront sensiblement les comparaisons intra- et interentreprises en créant un étalon de mesure de la performance logistique.
Le Comité Technique "logistique" CEN / TC 273 a également préparé un projet de norme européenne définissant les termes communément utilisés en logistique. Ce projet englobe tous les aspects de la logistique et de la gestion de la chaîne logistique, y compris le transport. A l'heure actuelle, la "logistique" est largement reconnue comme une discipline importante pour un certain nombre de types d'organisations. Inévitablement, elle utilise déjà une série de termes qui, tout en étant communément utilisés, n'ont souvent pas de définition commune. En outre, avec l'application plus large du concept de la logistique, de nouveaux termes sont créés et la signification des termes existants évolue de manière désordonnée. Cette norme terminologique est introduite afin de tenter d'assurer un certain niveau de contrôle dans une situation qui menace de devenir assez confuse.
Enfin, le groupe d'expert du GT 2 "Fonctions logistiques" du CEN/TC 273 a présenté un inventaire et un résumé des activités logistiques telles qu'elles ont été identifiées à l'issue d'enquêtes auprès de plus de 500 sociétés industrielles, commerciales et de services de 7 pays européens. Celui-ci dresse la liste des "profils professionnels" dans lesquels les activités logistiques ont une part prépondérante.
Ce travail a pour objectif ultime de donner aux instituts de formation une image aussi précise et détaillée que possible des différents métiers de la logistique et de leur contenu de façon à leur permettre de s'assurer que l'enseignement dispensé correspond bien aux besoins que les activités logistiques requièrent pour être correctement réalisées.
Diplôme professionnel européen
Né sous la présidence française de l'Union européenne à la fin de l'armée 2000, ce projet qui réunit neuf pays partenaires, s'inscrit dans le courant des initiatives communautaires en faveur d'un espace européen de la connaissance et de la mobilité. Il présente une méthode de construction commune de diplômes d'enseignement professionnel, susceptible d'ouvrir un nouvel espace de coordination communautaire dans lequel les Etats membres s'engageraient à donner un socle commun à leur système de qualification professionnelles.
La démarche a été guidée par la construction d'une grille fondée sur l'analyse fonctionnelle, analyse qui part de la demande des professionnels, des exigences en terme de formation ou d'apprentissage et de l'articulation de ces deux dimensions grâce à un volet certification permettant d'attester des compétences nécessaires de la personne formée pour l'exercice de l'activité.
L'objectif initial du projet consistait à élaborer concrètement deux diplômes, dont celui de Technicien logistique (bac + 2).
Le référentiel commun d'activités du diplôme de technicien logistique, qui dépasse le cadre strictement sectoriel, a été bâti autour d'une méthode de co-construction qui a vu la participation de différents Etats membres, ainsi que d'acteurs différents, réunis en équipe au sein de chacun des Etats. Ces équipes nationales étaient composées de représentants de chaque secteur professionnel, de représentants institutionnels, de chercheurs et d'experts, i.e. des acteurs qui selon les situations nationales déterminent le cadre des diplômes, leur contenu, ou qui sont en capacité d'en analyser certaines particularités ou de les formaliser.
Le projet NOVALOG, conformément aux objectifs initiaux qu'il s'était assigné, a permis de mettre en commun et d'échanger, sur la base d'une nomenclature, les visons de l'emploi logistique des partenaires sociaux des différents états membres de l'Union, via le Comité Sectoriel Route. A cet effet, un groupe de travail logistique a été constitué avec les syndicats International Road Transport (IRU) et European Transport workers Federation (ETF), qui s'est réuni au cours du projet, et qui se pérennise aujourd'hui de manière autonome au delà du projet.
compétences et les qualifications tout au long de la vie dans le domaine logistique.
Les partenaires sociaux européens considèrent qu'il faudrait offrir aux salariés une évaluation individuelle dans le but de reconnaître leurs qualifications existantes, qu'elles aient été acquises par l'enseignement, la formation ou l'expérience de travail. Ils encouragent les partenaires sociaux, à leur niveau respectif et en fonction des pratiques nationales, à mettre cette question à l'ordre du jour de leurs négociations.
Les partenaires sociaux européens encouragent les partenaires sociaux au niveau sectoriel, national, régional et dans les entreprises, avec les autorités publiques, en fonction des pratiques nationales, à commencer à discuter l'utilisation des lignes directrices mises au point par NOVALOG concernant le référentiel de compétences pour les emplois relatifs à l'entreposage, afin d'identifier et de prévoir, de manière plus rationnelle, leurs besoins en formation. Ils affirment qu'afin d'optimiser la situation dans le secteur, les partenaires sociaux devraient conjuguer leurs efforts pour améliorer le développement des compétences des travailleurs de ce secteur.
Le dialogue social au sein du secteur du secteur du transport routier
dans le domaine de la logistique : processus et résultats

L'ensemble de ces différentes expériences vers l'établissement d'un "étalon commun" européen apparaît comme profitable aux partenaires sociaux, aux acteurs de la formation professionnelle et favorable aux démarches de certification, expériences désormais reliées à des réalités nationales et inscrites dans un cadre grâce au projet NOVALOG.